Hors Les Murs #2 : Transfert, le collectif qui agite Bordeaux

Depuis 2014, l’association bordelaise Transfert s’engage à faire découvrir le street art auprès du public et à accroître la visibilité de ses 14 artistes. Après plusieurs expositions à succès, le collectif multiplie aujourd’hui les projets en accord avec la municipalité de Bordeaux.

De juillet à novembre 2017, la ville de Bordeaux lance sa première « saison street art » dans le cadre de la saison culturelle « Paysages Bordeaux 2017 » célébrant l’arrivée de la nouvelle ligne à grande vitesse le 2 juillet dernier. Au programme, une trentaine événements seront mis en place grâce à la participation de plus d’une centaine d’artistes.

Un collectif de renom

C’est donc tout naturellement que le collectif Transfert a été choisi pour participer à cette première saison street art. L’association avait déjà fait ses preuves à plusieurs occasions, après 6 éditions de l’exposition Transfert, dont quatre aux Vivres de l’art. En 2015, le collectif change totalement de lieu et investit l’ancien commissariat Castéja pour sa cinquième édition, accueillant plus de 42 000 visiteurs en l’espace de 3 mois. L’an dernier c’est la réhabilitation des 5000 m2 répartis sur les 5 étages de l’ancien Virgin Megastore situé place Gambetta qui avait fait parler d’elle. Le bâtiment, complètement laissé à l’abandon depuis sa fermeture en 2013, avait été racheté en 2015 et devrait prochainement être reconverti en hôtel de luxe. Le collectif s’y était donc installé et s’était donné pour mission de redonner vie à l’immeuble le temps de l’exposition. Au final, ce sont plus de 2 000 œuvres réalisées par une trentaine d’artistes différents qui ont pu être admirées par plus de 84 000 visiteurs.

Ces expositions entièrement gratuites ont donc réussi le pari d’accueillir un public éclectique et différent de celui habituellement visé par le street art, chaque édition se soldant par un succès et accueillant de plus en plus de visiteurs chaque année. Le but de l’association étant de rendre l’art urbain plus accessible tout en faisant connaître les 14 artistes formant le collectif.

Un art éphémère et des espaces urbains en transition

Transfert se lance aujourd’hui à l’assaut des rues du quartier de Belcier. Situé derrière la gare de Bordeaux, le secteur est aujourd’hui en pleine expansion urbaine. En effet le quartier accueillera en 2019, la future Maison de l’économie créative et de la culture, l’un des plus gros chantiers en vue de l’agglomération bordelaise. C’est donc une véritable reconversion que le quartier tout entier s’apprête à subir et c’est pour cette raison que le collectif Transfert a décidé d’en faire son nouveau terrain de jeu, le street art étant bien entendu avant tout un art éphémère voué à disparaître du jour au lendemain. De nombreux graphes sont donc venus remplir et habiller les rues du quartier, jusqu’ici légèrement laissé à l’abandon.

La Ville de Bordeaux a ainsi inévitablement choisi le collectif pour réaliser les fresques célébrant l’arrivée de la LGV permettant désormais de rejoindre la capitale en deux heures. Le pont du Guit, implanté juste derrière la gare a entièrement été revisité à l’occasion par les grapheurs du collectif, sous la supervision des artistes Repaze et Landroïd. Toujours dans la prolongation de la saison « Paysages Bordeaux 2017 », la thématique choisie étant bien entendu celle du paysage urbain à laquelle s’ajoute celle de l’importance de l’impact humain sur notre planète et notre environnement. Une thématique clairement abordée sur la façade du bâtiment accueillant l’association Transfert.

Si les 8 fresques décrivent chacune un paysage et une scène différents, elles s’inscrivent toutes dans une seule et même composition grâce à la technique de l’anamorphose. En effet, si l’on se place sous un certain angle, on peut apercevoir que toutes les fresques se complètent même si elles ont été réalisées indépendamment les unes des autres. Une volonté de l’artiste Repaze, ayant déjà eu précédemment recours à cette pratique pour différentes œuvres.

Le collectif Transfert a donc clairement réussi le défi de métamorphoser le quartier de Belcier le temps de sa réhabilitation, mais pas seulement. Le groupe agit aussi en périphérie de la ville et multiplie les projets dans la région. Après la réalisation d’une gigantesque fresque murale dans la ville de Bassens, le collectif compte désormais œuvrer aux alentours du bassin d’Arcachon. Une initiative que nous attendons donc définitivement avec impatience !